Si le Boris Bistro a une réputation, c’est bien grâce à sa façade industrielle qui date de 1890. Classée au patrimoine historique, le vestige a été gardé tel quel et l’immense terrasse a des allures de Côte d’Azur quand le soir tombe et qu’on sert les premiers apéritifs. Au programme, en plus des habituels cocktails, on peut siroter le Mojito Boris, mariage de cachaça et jus de pomme-grenade, ou une autre spécialité du sud revisité, Pisco Sour, Caipi-saké, café frappé des îles Grecques.
Dans le Vieux-Montréal, depuis 1999, le Boris ouvre chaque été sa terrasse. L’année de l’ouverture, pas une seule voiture ne passait après 17 heures sur la rue McGill. Aucune boutique design ni brunch urbain et branché.
De ces années là, le propriétaire a gardé le charme du béton. L’intemporel des murs gris parcourus de fleurs fait vite oublier le bruit et le smog du Centre Ville. J’aurais quant à moi poussé le côté brut dans le mobilier et la décoration mais la tendance « usine désaffectée à Berlin » passe tandis que le Boris reste.
Monsieur Lebeau, ancien danseur de ballet, et toujours très élégant, dit avec justesse : « si j’avais fait un lounge blanc, je ne serais déjà plus à la mode ». Effectivement. Et ça n’aurait certainement pas attiré ma curiosité comme le fait la grande terrasse légèrement éclairée à la bougie chaque fois que je passe à cet endroit sur McGill.
La spécialité de la maison: le rizotto au canard. « À 41 dégrés Celsius, les gens en mangent pareil», s’étonne Monsieur Lebeau qui, au détour de ses voyages, arrange la carte au gré de ses nouvelles découvertes.
Au menu, pétoncles sauce safran, tartare de thon, Tiradito (une sauce de carpaccio de poisson blanc avec marinade au piment du Pérou). Sans oublier l’entrée-vedette (j’ai toujours eu un faible pour les entrées qui titillent les papilles), un nem de foie gras assaisonné d’une réduction de vinaigre de cidre, plat pas vraiment estival mais qui reste définitivement à essayer. À l’image de nos choix de cette soirée-là, le menu est une judicieuse combinaison qui sait s’adapter aux caprices de la météo des étés québécois.
Quant à la longue carte des vins, tous d’importation privée, et pour la plupart en biodynamie, celle-ci est l’un des points forts du restaurant.